Biologeeks ep.1

Hello!

Je viens de retrouver un article que j’avais écrit il y a quelques mois pour Le Canard Déplumé, la gazette du BDE Bio, mais le numéro en question n’avait jamais été publié… Comme je trouve ça plutôt dommage,  bah je le met en ligne ici, en espérant qu’il profitera à quelqu’un.

Bienvenue, lecteur, dans ma modeste rubrique ! Au sein de celle-ci, honnêtement baptisée « Biologeeks » parce que sommeille en chacun d’entre nous un passionné des sciences du vivant, je vous ferai découvrir ou redécouvrir au fil des numéros du Canard les plus intéressantes projections de nos disciplines scientifiques dans le monde de la culture et du divertissement : cinéma, musique, internet, art, jeux vidéo… Et bien évidemment, n’hésitez pas à me transmettre toutes vos suggestions !

Pour cette première édition, j’ai réussi à vous importer, bien dissimulés dans une caisse parmi feuilles de nori, algues wakame et champignons shiitake, deux produits typiquement japonais sous forme de deux séries de japanimation – ou « animes » pour les habitués : Moyashimon, et Mushishi. Je tiens à remercier Alicia, sans qui cet article n’aurait jamais pu être couché sur papier. Domo domo !

Moyashimon: tales of agriculture

« Moyashimon : Tales of agriculture » raconte l’histoire de l’arrivée de Tadayasu, petit-fils de brasseur de saké, au sein de l’université d’agriculture de Tokyo. Jusque là, rien d’anormal, sauf que Tadayasu n’est pas un étudiant comme les autres : il possède en effet la capacité étonnante de pouvoir non seulement observer les microorganismes à l’œil nu, mais aussi de communiquer avec eux… le classant ainsi à une valeur supérieure au microscope électronique de l’équipe du professeur Itsuki, ami de longue date du grand père de Tadayasu, qui n’hésitera pas longtemps avant de l’inclure dans son équipe de recherche sur les processus de fermentation.

Au-delà de son aspect ludique, cet animé se veut éducatif, puisque présentant de manière simplifiée et amusante le rôle indispensable des microorganismes lors de la transformation d’un grand nombre d’aliments. Malgré certaines traductions approximatives des processus biochimiques mis en jeu (dépendantes des équipes de fansub), cette série constituera une mise en bouche agréable en vue de vos révisions en microbiologie.

Les épisodes de cette série peuvent être téléchargés légalement (la législation française étant flex sur ces contenus) sur des trackers BitTorrent spécialisés tels Mononoke-BT.org, ou visionnés directement sur Dailymotion.

Mushishi

Parcourant à pied un Japon traditionnel, Ginko est un mushishi, autrement dit un expert en mushi, une forme de vie primitive remontant aux origines même du vivant. De par leur forme relativement indéterminée, ces créatures interagissent fortement avec leur environnement, régissant un grand nombre de processus naturels et causant involontairement plus ou moins de tort aux humains.

Yuki Urushibara et l’équipe d’Anime Land nous apportent avec cette série idéalement mise en musique par Toshio Masuda un véritable concentré de poésie mêlant fantastique, écologie et traditions du soleil levant. Moins engagés que les productions d’Hayao Miyazaki, les épisodes de Mushishi – comptant tous une histoire indépendante – apportent cependant au spectateur une vision métaphorique et décomplexée, propice à la réflexion et à la curiosité, des rapports entre la nature et l’Homme au sein d’un monde idéalement équilibré. En conclusion, un must have de tout amateur de biologie des interactions désireux de se laisser emporter par une œuvre originale…

Mushishi est une série sous licence en France de la part de Dybex. Les épisodes peuvent donc être achetés en DVD chez tout bon distributeur, ou être visionnés sur Dailymotion, de préférence dans l’ordre ! Car Ginko-san a aussi une histoire…

Chrome Speed Tests

Je suis plié de rire, même si c’est une vision simpliste de la chose, je trouve le concept totalement barré et définitivement génial! Bon, je sais, la vidéo tourne beaucoup en ce moment mais je voulais la garder 🙂

Ez3kiel / Hint Collision tour

Hello !

Ce vendredi, j’étais avec Alice, Renaud et Chris au concert « Ez3kiel + Hint + V13 » au théâtre Lino Ventura. L’université nous ayant offert les places dans le cadre de son service culturel, et connaissant Ez3kiel via leur dernier album, Battlefield, j’y ai entraîné les trois zozos précités.

Je ne prétend pas être un musicologue ou ingé son, pardonnez-moi donc par avance si je me sers d’une terminologie inadaptée. J’essaie juste de m’exprimer au mieux afin de donner mon avis sur le gros conglomérat audio que c’était.

Le concert débute avec le groupe V13, dont on devine l’engagement des chansons par la compréhension de quelques mots seulement – les autres étant recouverts par le bruit, scandés bruyamment parmi un flot incessant de fréquences électriques saturées. On devine aussi le malaise dont traitent les chansons par le jeu scénique du chanteur – tête baissée, s’approchant du public avec un air mi-perdu mi-dérangé, s’écroulant et chantant à genoux – dont la voix criée vaut dix fois celle présente sur les chansons du MySpace du groupe. A vrai dire, je ne suis pas personnellement fan de ce rock noise français engagé.

Avec les bosniaques de Vuneny, on se rapproche un petit peu d’un univers musical auquel je suis habitué, avec des sonorités clairement électro-industrielles. Cependant, le jeu de scène entre les deux deejays est inexistant, et le jeu au sampler, bien qu’efficace sur le plan musical, est décidément froid, et les instruments manquent sur scène… Au final,  je ne sais pas si ce genre musical, pouvant sembler répétitif à la première écoute, se prête au live. Ici encore, beaucoup de décibels et de fréquences superposées pour un rendu sonore très lourd, où les fréquences deviennent quasi indiscernables les unes des autres. Ce qui n’est plus vraiment le cas lors de l’écoute à la maison sur bon casque, où le rendu est légèrement différent, plus clair dans les aigus.

Enfin, les lux s’ajoutent aux watts sonores avec EZ3kiel/Hint. Dès le début de show, on sent bien que ce sont eux qui mènent l’évènement. Intro world music mystique, éclairages au travers de luminaires vintage, et enchaînement de morceaux tenus par une armée de guitaristes, bassistes, double percussions, cuivres et synthés. Les morceaux d’Ez3kiel sur lequel j’avais mes repères modifiés pour les besoins du crossover ne sont pas désagréables ainsi, lorsqu’ils ne sont pas joués tels quels et sont alors bluffants. En fait, Ez3kiel en concert, ce n’est rien de moins que de la puissance sortant par des haut-parleurs sous forme d’onde sonore. Et là encore, ça fait beaucoup de bruit. Lors du rappel, le groupe a le culot de jouer Firedamp, histoire de mettre une grosse baffe grindcore dans la gueule de tout le monde avant de s’en aller. Mais le chanteur n’ajoute pas le petit effet de voix rappelant une gorge déchiquetée si agréable à entendre sur la fin de sa piste. Petite déception compensée par une gueulante et un headbang général. Ici, je ne pense cependant pas que ce concert soit représentatif de la sensibilité (au sens premier) du groupe, et je vous invite à écouter l’album « Battlefield ». Mais si vous voulez vous faire un avis rapide du concert, je vois invite à mater cette petite vidéo.

Cette performance a donc bien porté sa qualification d' »electro noise ». Mais, même si je ne suis pas là pour faire mon vieux jeu, je me pose des questions concernant le volume sonore utilisé. Même si je suis un partisan du point de vue de Jimmy Hendrix (« les gens doivent ressentir physiquement le son ») et de l’écoute à haut volume (il faut bien avouer que ça relève parfois du jouissif), j’ai du mal à définir si le flot continu de basses et moyennes fréquences ayant été joué fait bel et bien partie de ce qui a voulu être exprimé, ou dépend juste des limites de la perception sonore humaine…

Du coup, je me réécoute mes albums préférés avec mon casque adoré, et je pense prévoir des boules quiès pour mon prochain concert, Bonobo. Mais je ne me fais pas trop de souci pour cette fois-ci, un concert électroacoustique étant à priori plus délicat 🙂

Plus d’infos sur le concert : site du TLV

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