Le mot de Jay

Blog d'un jeune ingénieur agronome

Tag: agriculture

Burgers, Burritos et Budweiser

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Question bouffe, la Californie fait dans les contrastes les plus extrêmes.

Dans un mall, il n’est pas impossible de trouver côte à côte, un infâme fast-food Wienerschnitzel et ses effluves si grasses qu’on en prendrait du poids, et un deli (comprenez une sandwicherie fine) dont la carte est souvent bio/végane/gluten-free. De la même façon, un Walmart, chaîne d’hypermarchés où l’on retrouve le meilleur du pire de l’industrie agroalimentaire planétaire, et un Whole Foods, magasin d’alimentation lui aussi bio/végan/gluten-free aux deux pleins rayons de compléments alimentaires certifiés sans huile de phoque, peuvent se partager le parking.

Petit tour d’horizon de la food industry à la sauce West Coast, avec en italique quelques commentaires d’Alexia.

Les chaînes de restauration rapide

Rien de plus simple à comprendre ! Le foisonnement des chaînes de restauration rapide est la première chose que l’on remarque à la descente de l’avion (autre que les grosses voitures, dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article). Burgers et sandwiches, bouffe mexicaine ou asiatique, café ou jus de fruits fraîchement pressés, il y en a pour tous les goûts, pour toutes les bourses et pour tous les apports caloriques. Pour moins de $10, on peut manger une belle portion de quelque chose de relativement sain, comme par exemple un burrito enrichi en légumes de chez Chipotle. Ou alors, pour la même somme, on peut se gaver de 10 sandwichs « Dollar menu » de chez McDoqui est connu pour être le cas du bas de gamme et qui contrairement à ce qu’on pourrait penser n’a pas spécialement la côte. Et là ça craint un peu : de quoi peut être donc fait le sandwich pour qu’une entreprise arrive à dégager une marge sur une somme si ridicule ?

Une liste non exhaustive ? Allez, de tête : Denny’s, Ihop, Chipotle, Panda Express, Subway, Baskin-Robbins, Buffalo Wild Wings, Church’s Chicken, Wendy’s, Burger King, McDonald’s, In-N-Out Burger, Carl’s Jr., Starbucks, Jamba Juice, Jack in the Box, Taco Bell, Sonic Drive In, Long John Silver’s, et bien évidemment l’infâme Wienerschnitzel.

La restauration de rue et conventionelle

Il paraîtrait que la mode est aux « food trucks« , c’est à dire aux camions-cantines, dans la Silicon Valley et la baie de San Francisco. Je dois avouer que là où je suis, dans la baie de Monterey, on n’en voit pas trop, et que la restauration de rue se résume aux échoppes mexicaines et aux infinies variations permises par les tortillas de blé et de maïs : burritos, tacos et hard shell tacos, quesadillas et j’en passe.

La restauration conventionelle, elle, est relativement standard. On peut cependant lire dans les guides locaux et l’actualité que l’on peut trouver dans la région de la baie de SF de très bonnes tables de cuisine californienne, une fusion mexico-méditerranéenne caractérisée par l’utilisation des meilleurs produits de saison de l’état, qui est, il faut le rappeler, le potager et le verger des USA. Un bémol cependant : les prix de ces restaurants n’incluent pas le service, et il est coutumier de gonfler la note de 10 à 20 % (en griffonnant le montant supplémentaire sur les pointillés prévus à cet effet sur le ticket) en fonction de la prestation du serveur, ou éventuellement du cuisinier (« to cook ») en cas de service déplorable. Les européens sont apparemment connus pour ne pas être des gros tippers 🙂 En fait, les européens sont connus pour souvent ne pas tipper du tout !

Les supermarkets, grocery stores et convenience stores

Respectivement : supermarchés, épiceries et magasins de proximité. C’est entre ces trois types de boutiques bien distincts que les américains se procurent de quoi se nourrir. Alors que les supermarchés se rapprochent un peu du modèle « à la française de Monsieur Leclerc » et où l’on trouve de tout, ils ne semblent pas majoritaires. Les épiceries, de leur côté, ne proposent que de la nourriture et des produits de première nécessité. Enfin, les magasins de proximité correspondent à, euh… aux boutiques des station service en fait, sauf qu’elles sont ouvertes sur une large plage horaire, éventuellement H24. Les liquor stores, ou magasins d’alcool, entrent aussi dans cette catégorie. C’est qu’ils sont travailleurs ces ricains (et qu’ils ont une main d’oeuvre bon marché disponible un peu plus au sud).

Des noms d’enseignes, pour le fun ? Walmart, Safeway, Costco, Whole Foods Market, Savemart, 76, Seven-Eleven, Chevron, et j’arrête là sinon j’enchaîne sur toutes les stations service.

Les fruits et légumes

Dans la mesure où les terres arables sont « f*ckin’ expensive » (à prononcer avec un accent cow-boy, et à traduire « put*** de chères »), elles sont la plupart du temps détenues par des grands propriétaires terriens ou des grosses firmes agricoles comme Dole Food Company, qui pratique la monoculture intensive. Y’a qu’à voir les images satellite de la vallée centrale ou de la vallée de Salinas pour avoir une idée des surfaces horticoles et arboricoles en jeu (oui oui, ce ne sont pas des céréales) et comprendre que l’on n’a pas affaire aux petits producteurs du coin. Pour être honnête, à part habiter sur Santa Cruz (qui est une ville fichtrement hippie) et payer un bras au marché bio/végan/gluten-free, ou faire ses courses à Whole Foods dans le rayon fruits et légumes bio/végan/gluten-free, je pense que ce n’est pas évident d’avoir accès à une production locale et environnementalement responsable. Surtout en cette grande période de sécheresse en Californie, qui rend la communauté agricole très susceptible. En plus de cela, l’hygiénisme à outrance apparait aussi en agriculture où est interdite toute forme de vie sauvage à proximité des champs (pas de haies ou de corridors écologiques). Vive la biodiversité (surtout dans un état se disant écolo) !

Les boissons

Pas d’eau dans la vallée centrale certes, mais des hectolitres partout ailleurs ! Ici, la boisson sucrée est reine : il y en a évidemment des pleins rayons dans les grandes surfaces, entre les jus de fruits et variants à base de concentrés, les sodas, les thés glacés, les boissons isotoniques et énergisantes, les eaux aromatisées et l’ensemble de leurs déclinaisons « diet », où le sucre est remplacé par la crème de la crème des édulcorants (hummm ! c’est bon ça – je suis ironique). Certains types de produits sont complètement introuvables en France, comme les racinettes ou « root beers », certainement parce que ça a un goût très spécial qui révulserait le moindre de nos compatriotes bouffeur de fromage. De l’autre côté, t’as pas dit qu’il ne connaissent pas le sirop (même pas le Monaco !) et aussi qu’ils sont pros pour noter « pur jus » alors que c’est noté en petit que ça n’en est pas ! Quelques marques typiques ? Gatorade, Arizona, Kool Aid, Dr Pepper, Mug, Squirt, et tant d’autres… Ha et aussi, les canettes sont en 66 cL, histoire d’en boire deux fois plus.

Question vin, les régions de Napa et Sonoma, au Nord de San Francisco, produisent des vins de bonne réputation. L’oenotourisme y est roi (et nous aussi avons joué aux oenotouristes). Question bière, il existe une grande variété, issues de brasseries dont la taille doit varier du complexe industriel au fond de garage. Question eaux minérales, c’est soit un choix nul dans les grandes surfaces standard, soit un choix fou et hors de prix d’eaux du monde (comme cette eau issue de glaciers islandais ou du pied d’un volcan hawaien) ou issues de processus de purifications complètement tordus (vaporisation piézoélectrique et condensation). Les ‘ricains ont pas l’air trop confiants en l’eau du robinet, du moins dans la région agricole dans laquelle je suis, et préfère remplir des bidons de 18L à des fontaines ultrafiltrantes commerciales disponibles un peu partout.

Les fromages et la viande

Les fromages américains ressemblent à tout… sauf à du fromage. Ils ont certes des noms qui évoquent le fromage (provolone, cheddar, pepperjack, american), mais niveau composition (on évite de regarder l’étiquette) et présentation (moulage en briques uniformes quel que soit le type) c’est tout sauf appétissant. Quelques fermes du nord de l’état proposent bien des transformations plus traditionnelles comme des clones de brie, mais les prix traversent alors le plafond. Pour les produits d’import, même combat. Pour le lait, c’est un peu mieux mais ça reste très industriel : on trouve également une gamme étendue de laits, souvent écrémés, aromatisés, bio ou non, et souvent conditionnés en bouteilles de 1 gallon (à peu près 4 litres). T’aurais pu parler des yaourts tous sans matière grasse, et de l’absence de yaourts au chocolat. Et du packaging aussi, avec globalement moins d’emballage (plus grosses bouteilles, yaourts à l’unité donc pas de carton, ce qui est dommage c’est que c’est contre balancé par les sacs plastiques distribués à la pelle).

Niveau viande, le choix est loin d’être aussi étendu qu’en France. Le boeuf est roi, avec le poulet, la charcuterie inexistante, et il est peu courant de trouver des morceaux de porc autres que le lard à bacon, ainsi que des abats. Les morceaux ne sont pas coupés comme en France. Il est difficile d’obtenir des informations de traçabilité, et le peu de viande issue d’animaux élevée à l’herbe facile à trouver est importée de Nouvelle Zélande… (oui, parce que les hormones de croissance sont encore autorisées, et que j’aimerais autant que possible éviter d’avoir à manger la viande issue de ces camps de concentration que les grands producteurs appellent élevages). Tu parles des camps de concentration à boeufs, il faudrait dire qu’on en a vu mais qu’on a aussi vu un certain nombre de champs avec seulement une vache par ci par là. Des élevages laitiers, assurément !

Le règne de l’industrie agroalimentaire

Après toutes ces dégustations et histoire de prendre un peu de recul sur cette aventure de terrain au quotidien, je suis tombé au hasard de mes pérégrinations sur Netflix sur un documentaire de 2008 vraiment bien foutu, qui s’appelle Food Inc, et qui dresse un état des lieux du système agricole étatsunien, sans oublier ses origines : le fast-food et la grande distribution. Tout aurait ainsi commencé dans les années 30, avec l’essor fulgurant de ce nouveau type de restauration hors domicile, rapide, abordable et goûtu. Son développement, devant répondre à un besoin toujours plus grand de standardisation des productions, a mené en toute logique une organisation industrielle de tous les échelons de la filière : distribution, transformation, production, agrofourniture. En parallèle, la grande distribution a elle aussi dirigé l’évolution de l’industrie agroalimentaire. En particulier, l’essor de la chimie couplée à la grande versatilité des usages du maïs et du soja, et la mise en place de subventions pour ces productions ont mené à l’essor de la production de calories a très bas coût. Dans cette logique implacable, les OGM prennent maintenant le relais en s’attaquant à la brevetabilité du vivant de ces cultures très rentables.

Toute la problématique repose évidemment sur les choix du consommateur, ou plutôt de son portefeuille : certains citoyens américains étant déjà pris au piège de la spirale des calories à bas coût. Dans un paysage où la nourriture extrêmement transformée est moins coûteuse qu’un fruit ou un légume, est-il juste de devoir choisir entre se nourrir à sa faim et se nourrir sainement ? C’est un constat dramatique, qui mériterait d’être vu sous l’angle plus large de la santé publique et de l’environnement : certaines estimations mettent ainsi en avant des coûts cachés proprement hallucinants

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All american country Budweiser Alexia

Un point de vue prospectif sur les PGM

Tubes

Bonjour bonjour!

Aujourd’hui, j’aimerais profiter de l’espace de libre expression qu’est ce blog pour aborder au travers d’un article d’opinion la question si délicate des plantes génétiquement modifiées (PGM). Dans le contexte d’une actualité bouillonnante sur bien des aspects de cette problématique, mon propos n’est pas prévu pour durer. Mais il me permettra de vous faire part de mon point de vue et de jalonner ma réflexion. C’est un article technique, mais il va de soi que je suis ouvert à tout échange, tant sur la forme que sur le fond de ce qui va suivre.

Pour commencer: est-il bien nécessaire de présenter à nouveau le concept de PGM ?

De ce que je peux entendre quand il m’arrive d’aborder le sujet avec des non-initiés, les PGM sont souvent présentées comme des franken-plantes, chimères issue des laboratoires de l’infâme Professeur Monsanto, et qui, en se propageant au gré des vents sur les champs des pauvres paysans en biodynamie, supplantent leurs cultures, tuent les insectes pollinisateurs tout comme les auxiliaires et polluent les sols, lesdits sympathiques et moustachus paysans n’ayant alors pour unique solution à leur impuissance que la pendaison… Derrière ce ton à peine exagéré, j’aimerais faire le constat suivant: lorsque l’on entend parler PGM, l’aspect technique de l’objet est complètement abandonné au profit d’une scandalisation aberrante des aspects environnementaux, sociétaux et économiques. Et c’est dans ce contexte que le « Point Monsanto », tel que proposé par @marc_rr en référence au point Godwin, est atteint plus vite que l’éclair. Donc oui, un travail d’éducation ayant été complètement bâclé sur le sujet, il est pour moi nécessaire de repartir de la base, et de présenter à nouveau le concept de PGM.

Tiens d’ailleurs, pourquoi entend-on parler d’OGM plutôt que de PGM ?

Il existe dans l’opinion publique un biais de langage, faisant probablement suite aux premières polémiques portant sur les textes de loi relatifs aux biotechnologies. Alors que les OGM désignent les organismes génétiquement modifiés au sens large du terme, potentiellement issus de toutes les branches du vivant, pour la plupart utilisés depuis bien des années dans la recherche comme de fantastiques outils de compréhension du vivant (ici, une liste exhaustive des organismes modèles en biologie, parmi lesquels peu n’ont pas de variant GM), et dans l’industrie comme d’efficaces usines à molécules, les PGM ne concernent que le règne végétal. Plus restrictifs dans le domaine d’application, a visée de recherche scientifique et de production agricole, ils soulèvent ainsi des problématiques spécifiques. Par pitié, soyez donc précis et utilisez les termes appropriés, ne parlez plus d’OGM quand il s’agit en réalité de PGM (et allez par la même expliquer à un militant diabétique de type 1 au badge « OGM j’en veux pas » que l’insuline qu’il s’injecte est un pur produit issu du génie génétique, ou encore mieux, allez relire la couverture du Nouvel Obs spécial Séralini). En bref, OGM vs PGM : les espèces ne sont pas les mêmes, et les problématiques non plus.

Ok donc, qu’est ce qu’une PGM ?

Une PGM est une plante génétiquement modifiée, ce qui signifie qu’à l’intérieur de son génome (l’ensemble du matériel génétique de l’individu, porté par l’ADN), des gènes provenant d’autres espèces (on parle de transgénèse), ou d’espèces proches voire de la même espèce (on parle de cisgénèse) peuvent être insérés par différentes techniques de génie génétique.

Des premières PGM pas très clean…

Alors que les premières générations de PGM commerciales intègrent des gènes de résistance à certains produits phytosanitaires (les variétés RoundUp Ready résistantes au glyphosate en sont l’exemple le plus marquant) ou de protection contre les ravageurs (les variétés Bt codant pour la synthèse d’un insecticide naturel), la plus grande partie de la polémique liée aux PGM tourne autour de l’innocuité pour la consommation humaine. La partie la plus intéressante du débat s’y cristallise sur l’impact éventuel des acides nucléiques (ADNc/ARNm et interactions avec le microbiome digestif), des protéines et des métabolites secondaires d’origine transgénique directe ou indirecte sur la santé humaine. Des questions relatives à l’agroécosystème sont également posées, quant à l’impact de la culture de ces PGM sur les pressions évolutives des ravageurs, la diffusion des transgènes par le pollen, mais aussi de l’incorporation de ces derniers par la microfaune du sol, et la transmission incidente dans l’écosystème d’un matériel génétique nouveau ayant un rôle potentiel dans la balance évolutive.

Transgénèse, principe de précaution et coévolution

L’introduction d’un matériel transgénique dans des cultures à vocation alimentaire soulève des questions évidentes vis à vis de l’innocuité des variétés produites. Avec des transgènes originaires d’espèces n’ayant probablement jamais fait partie d’un régime alimentaire humain, je pense qu’il est prudent de considérer, selon une hypothèse coévolutive entre l’homme et les espèces cultivées, l’existence de risques quant à l’utilisation desdits transgènes. En cela, le processus d’évaluation des risques mis en place par l’Europe, sur la base du principe de précaution, me semble tout à fait justifié.

La technique à la rescousse

Ces questions se posent alors que nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements des PGM commerciales, caractérisées par une maitrise toute relative, à la fois en nombre et positionnement, de l’insertion des transgènes, incidemment de leur régulation. Avec l’avènement de nouveaux outils moléculaires comme les TALENs, les PGM des générations futures gagneront en technicité, avec des transgènes ou cisgènes insérés en nombre plus faible et de manière plus précise. Bien que les questionnements relatifs à la dissémination du matériel génétique introduit s’en verront réduits, les questions de santé humaine restent cependant dépendantes des transgènes utilisés.

Prospective : NGS et phénomique – vers un breeding moléculaire par cisgénèse ?

Avec l’avancée à pas de géants des techniques de génotypage, en particulier du génotypage par séquençage faisant suite au foisonnement de l’industrie du séquençage de nouvelle génération, et en relation à des travaux de phénotypage dont le débit va crescendo (plateformes de phénomique, utilisation de drones…), nous nous trouvons dans une phase d’explosion de la quantité de données génétiques pour les espèces d’intérêt agricole. Nous sommes à l’aube d’une sélection variétale sur idéotypes d’une grande précision, et il y a fort à parier que d’ici quelques années, les données acquises sur des généalogies connues, traitées au travers d’outils de génétique et d’épigénétique quantitatives et statistiques, et avec l’aide de nouvelles connaissances en épigénétique, nous permettront de comprendre à l’échelle moléculaire l’origine de phénomènes d’intérêt tel quel l’hétérosis si chère à la production d’hybrides. A partir de là, quelle pourrait être la place de PGM cisgéniques ? Pratiquerons-nous une sélection non plus basée sur une approche conventionnelle guidée par des marqueurs moléculaires, mais à la création de toutes pièces de véritables chimères cisgéniques, qui auraient très bien pu être obtenues en dix fois plus de temps à l’aide de séries de croisements conventionnels? Arriverons-nous par ce biais à percer le fonctionnement de chacun des éléments de régulation génétique au point de réussir à obtenir des variétés, voire des populations optimales pour chaque milieu ?

Et a ce point là, où en sera de nouveau l’opinion publique sur les PGM ?

Pour finir, une vidéo de Greenpeace Suisse, juste parce qu’elle est issue d’une page qui traite « des OGM » (argh). Ha et aussi, j’aime pas la conclusion très antiprogressiste.

Jura

Salut!

Un petit mot pour accompagner quelques photos de notre voyage à moto en famille, direction le Jura, effectué dès mon retour du Vietnam ! Le Jura, c’est beau, c’est vert sapin et vert prairie, ça sent le conifère, et ça évoque des bûcherons au travail, des meules de comté en cours d’affinage, et des étagères remplies de jouets en bois (qui n’a jamais joué, étant gamin, avec une boîte de Mon Chalet ?). Le Jura, c’est aussi plein de lacs, et par extension de randonneurs qui marchent autour, de baigneurs, d’amateurs de canoë et de pêcheurs de compétition. Le Jura, c’est la douce morsure du froid des matins d’été sur les cuisses du motard, qui le rendraient presque nostalgique des hivers passés en montagne. Enfin, dans le Jura, y’a des agriculteurs ouverts et sympa, comme Stéphanie et Sylvie du GAEC Aux P’tits Bonheurs, qui cultivent, cueillent et transforment fruits rouges et plantes médicinales des hauts plateaux. Et cela, d’après les cahiers des charges de l’Agriculture Biologique et du Syndicat des Simples, selon les principes de la biodynamie, et tout en pilotant leur exploitation de main de maître…

En bref, le Jura en été c’est bien chouette. Et je suis sûr qu’en hiver c’est encore mieux.

Ce billet n’a pas été sponsorisé par le Conseil Général du Jura. Merci à Jacques et Patricia pour leur accueil.

Bisous!

L’Eventail, Cascades du Hérisson

Lac de Chalain au crépuscule

Col de la Faucille

Regroupement de cigognes

Lac de Chalain

Pécheurs

Pont de la Pyle, lac de Vouglans

Le peloton du Tour de l’Ain

Quelque part sur les falaises du Vercors (en revenant du Jura, certes)

Fin de la traversée du Vercors

La problématique de la salinisation des sols dans les PED : deux exemples

La viande in vitro, est-ce encore la force ?

Bonjour !

Aujourd’hui, nous allons parler de viande! A la suite d’un article provocateur, publié en réponse à un billet de Ludivine traitant de la consommation de protéines animales, j’ai de nouveaux éléments de réflexion à vous apporter concernant la production et la consommation de produits carnés.

Mais commençons par un peu de littérature, avec un extrait d’un célèbre roman d’anticipation.

« L’élevage, cette horreur, avait également disparu. Elever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’étaient bien là des mœurs digne des barbares du XXème siècle. Le « bétail » n’existait plus. La viande était « cultivée » sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel cœur de poulet vivait encore au musée de la Société Protectrice des Animaux. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d’une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de bœuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours, de chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion et de mille autres variétés, servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui, cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelles, depuis le simple bœuf miroton, jusqu’au civet de lièvre à la royale.

Pour les raffinés, une maison célèbre fabriquait des viandes à goût de fruit ou de confiture, à parfum de fleurs. L’association chrétienne des abstinents, qui avait pris pour devise : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger », possédait sa propre usine. Afin de les aider à éviter le péché de gourmandise, elle y cultivait pour ses membres une viande sans goût.

La Brasserie 13 n’était qu’une succursale de la célèbre usine du bifteck-frites, qui connaissait une grande prospérité. Il n’était pas une boucherie parisienne qui ne vendit son plat populaire. Le sous-sol de la brasserie abritait l’immense bac à sérum où plongeait la « mère », bloc de viande de près de cinq cents tonnes.

Un dispositif automatique la taillait en forme de cube, et lui coupait, toutes les heures une tranche gigantesque sur chaque face. Elle repoussait indéfiniment. Une galerie courait autour du bac. Le dimanche, le bon peuple était admis à circuler. Il jetait un regard attendri à la « mère », et remontait à la brasserie en déguster un morceau, garni de graines de soja géant, coupées en tranche et frites à l’huile de houille. La fameuse bière 13, tirée de l’argile coulait à flots. (…) »

Ravage, Barjavel, 1943

Ce passage de l’œuvre de Barjavel, dont l’action se déroule en 2052 (une époque pas si lointaine !), décrit les solutions technologiques mises en œuvre par l’homme pour solutionner l’une des grandes problématiques de l’élevage en la question de l’éthique. Bien que celle-ci soit loin d’être la seule posée dans notre monde réel contemporain, la solution abordée par l’auteur n’est pas sans nous rappeler quelques faits de l’actualité scientifique récente en matière de culture cellulaire et de production de viande in vitro. Pour vous mettre au point, voici quelques ressources à consulter:

La viande de culture est présentée dans ces documents comme attrayante de par la mise en avant de certains avantages écologiques, limitation des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités agricoles en premier lieu. Un point de vue plus global sur la question, proposé par Jean-François Hoquette de l’INRA Clermont-Ferrand et partiellement repris dans l’article du Figaro, a été proposé lors d’une conférence dont voici le diaporama :

Face à ces données et à des points de vue divergents sur les plans scientifiques (futur proche vs utopie), économiques (coût des produits finis) et environnementaux (gaz à effets de serre vs services écologiques), des évolutions des comportements alimentaires des pays du Sud, et dans un contexte de limitation nécessaire du développement des activités d’élevage sur le long terme, nous pouvons nous attendre à ce que la viande in vitro fasse encore parler d’elle.

Celle-ci, plus saine dans la mesure où elle sera de composition chimiquement et biologiquement déterminée, mais paradoxalement plus dangereuse tant que sa biologie moléculaire ne sera pas parfaitement élucidée, connaîtra-t-elle un développement technologique de ses méthodes de productions impulsé par une demande mondiale en produits carnés impossible à satisfaire de manière raisonnable par l’élevage ? Serait-il au contraire plus intelligent de limiter ces démarches biotechnologiques afin de promouvoir les productions végétales, moins gourmandes en ressources et en surfaces, et d’orienter ainsi un changement des comportements alimentaires vers un quasi-végétarisme ? Est ce que les recettes du black metal vegan chef nous sauveront tous d’une crise alimentaire certaine ?

Tant de questions… amis végétariens, carnivores et autres omnivores, j’attends vos avis !

A très bientôt !

  • Jérémy Lavarenne

    Ingénieur agronome et doctorant en biologie des systèmes, je suis à mes heures perdues un internaute averti, ainsi qu'un biologeek définitivement atteint.

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