Le mot de Jay

En réalité, y’a pas qu’un seul mot. Qu’on se le dise.

Tag: agroalimentaire

Kéfirologie

Kefir

Et coucou!

Bon alors pour commencer, pour acheter de booons petits grains de kéfir ça se passe par ici. Testé et approuvé, la qualité est au top, l’emballage soigné et le vendeur disponible et agréable. Et puis comme je vous l’ai dit plus haut, les grains vont se multiplier très rapidement, à partir de là vous pourrez en refourguer à tous vos petits copains microbiologistes en herbe!

Voilaaa, j’espère que tout va bien pour vous, moi je vais m’empresser de poster cet article et de rentrer parce que je suis dehors et que je me fais bouffer par les moustiques…

Portez vous bien!

Bisous!

Pétrichor

Pour approfondir le sujet :

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir (ou pas) sur le piment !

La vie d’agro, épisode 6 : une histoire d’unités

La viande in vitro, est-ce encore la force ?

Bonjour !

Aujourd’hui, nous allons parler de viande! A la suite d’un article provocateur, publié en réponse à un billet de Ludivine traitant de la consommation de protéines animales, j’ai de nouveaux éléments de réflexion à vous apporter concernant la production et la consommation de produits carnés.

Mais commençons par un peu de littérature, avec un extrait d’un célèbre roman d’anticipation.

« L’élevage, cette horreur, avait également disparu. Elever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’étaient bien là des mœurs digne des barbares du XXème siècle. Le « bétail » n’existait plus. La viande était « cultivée » sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel cœur de poulet vivait encore au musée de la Société Protectrice des Animaux. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d’une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de bœuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours, de chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion et de mille autres variétés, servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui, cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelles, depuis le simple bœuf miroton, jusqu’au civet de lièvre à la royale.

Pour les raffinés, une maison célèbre fabriquait des viandes à goût de fruit ou de confiture, à parfum de fleurs. L’association chrétienne des abstinents, qui avait pris pour devise : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger », possédait sa propre usine. Afin de les aider à éviter le péché de gourmandise, elle y cultivait pour ses membres une viande sans goût.

La Brasserie 13 n’était qu’une succursale de la célèbre usine du bifteck-frites, qui connaissait une grande prospérité. Il n’était pas une boucherie parisienne qui ne vendit son plat populaire. Le sous-sol de la brasserie abritait l’immense bac à sérum où plongeait la « mère », bloc de viande de près de cinq cents tonnes.

Un dispositif automatique la taillait en forme de cube, et lui coupait, toutes les heures une tranche gigantesque sur chaque face. Elle repoussait indéfiniment. Une galerie courait autour du bac. Le dimanche, le bon peuple était admis à circuler. Il jetait un regard attendri à la « mère », et remontait à la brasserie en déguster un morceau, garni de graines de soja géant, coupées en tranche et frites à l’huile de houille. La fameuse bière 13, tirée de l’argile coulait à flots. (…) »

Ravage, Barjavel, 1943

Ce passage de l’œuvre de Barjavel, dont l’action se déroule en 2052 (une époque pas si lointaine !), décrit les solutions technologiques mises en œuvre par l’homme pour solutionner l’une des grandes problématiques de l’élevage en la question de l’éthique. Bien que celle-ci soit loin d’être la seule posée dans notre monde réel contemporain, la solution abordée par l’auteur n’est pas sans nous rappeler quelques faits de l’actualité scientifique récente en matière de culture cellulaire et de production de viande in vitro. Pour vous mettre au point, voici quelques ressources à consulter:

La viande de culture est présentée dans ces documents comme attrayante de par la mise en avant de certains avantages écologiques, limitation des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités agricoles en premier lieu. Un point de vue plus global sur la question, proposé par Jean-François Hoquette de l’INRA Clermont-Ferrand et partiellement repris dans l’article du Figaro, a été proposé lors d’une conférence dont voici le diaporama :

Face à ces données et à des points de vue divergents sur les plans scientifiques (futur proche vs utopie), économiques (coût des produits finis) et environnementaux (gaz à effets de serre vs services écologiques), des évolutions des comportements alimentaires des pays du Sud, et dans un contexte de limitation nécessaire du développement des activités d’élevage sur le long terme, nous pouvons nous attendre à ce que la viande in vitro fasse encore parler d’elle.

Celle-ci, plus saine dans la mesure où elle sera de composition chimiquement et biologiquement déterminée, mais paradoxalement plus dangereuse tant que sa biologie moléculaire ne sera pas parfaitement élucidée, connaîtra-t-elle un développement technologique de ses méthodes de productions impulsé par une demande mondiale en produits carnés impossible à satisfaire de manière raisonnable par l’élevage ? Serait-il au contraire plus intelligent de limiter ces démarches biotechnologiques afin de promouvoir les productions végétales, moins gourmandes en ressources et en surfaces, et d’orienter ainsi un changement des comportements alimentaires vers un quasi-végétarisme ? Est ce que les recettes du black metal vegan chef nous sauveront tous d’une crise alimentaire certaine ?

Tant de questions… amis végétariens, carnivores et autres omnivores, j’attends vos avis !

A très bientôt !

  • A propos…

    Jérémy Lavarenne
    Jeune ingénieur agronome des écoles VetAgro Sup Clermont et Montpellier SupAgro, et étudiant diplômé en biologie végétale de l'Université Nice Sophia Antipolis, je suis à mes heures perdues un internaute averti, ainsi qu'un biologeek définitivement atteint.
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