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Blog d'un jeune ingénieur agronome

Tag: agronomie

Ecoles d’agro : le point sur la réforme des concours B ENSA et ENITA

Enita

Bonjour à tous !

Comme vous le savez peut être, les concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs en agronomie ENSA et ENITA vont être sujet à une réforme importante. Et par importante, j’entends la fusion pure et simple des concours actuellement en place pour chacun des deux réseaux d’écoles. « Sacrilège ! » crieront certains, « Awww yeaaah ! » s’exclameront d’autres. Vous préparez ces concours ? Voici un tour d’horizon rapide des changements à venir.

Cet article fait également suite à l’édition 2014 de la conférence sur la thématique de l’orientation post-fac en écoles d’agronomie (voir la page de l’édition 2013 pour une brève présentation du contenu), donnée le jeudi 13 novembre dernier sur le campus Valrose de l’Université Nice Sophia Antipolis. Vous trouverez en fin d’article le PDF de la projection.

La réforme du concours B en bref

Quelles sont les conditions d’entrée au concours ?

  • La réforme prend effet dès la session 2016. Donc dès l’année prochaine.
  • Cette session 2016 ne sera ouverte qu’aux L3 et diplômés de Licence, seulement des filières Sciences de la Vie. Dommage pour les L1 et les autres filières, hein !
  • La session 2017 sera ouverte à toutes les mentions scientifiques (et non plus le triptyque biologie/géologie/chimie habituel), de niveau L3 et diplômés de Licence. Donc entre les loupés et les frustrés n’ayant pas pu s’y présenter à la session 2016, et les petits nouveaux des autres Licences, va y avoir du monde aux portes et ça risque d’être la cohue…
  • En bref : si vous êtes en L3 ou diplômé de Licence issu de la filière SV pour la session 2016, FONCEZ !

Quels sont les changements dans les épreuves ?

  • Admissibilité : sélection sur dossier coeff. 1, plus épreuve scientifique complémentaire (qui correspond à la discipline opposée à votre majeure de licence, e.g. math-physique pour les SV) (3h) coeff. 1
  • Admission : épreuve de sciences et société (30+20 min) coeff. 1, plus entretien avec le jury (20 min) coeff. 2
  • Deux présentations max du concours

On tombe donc sur un vrai hybride entre les concours ENSA et ENITA actuels. A noter la disparition de l’épreuve d’anglais, ce qui est assez étrange… Et comme je suis quelqu’un de sérieux (et aussi parce que j’ai été lire les textes de loi pour vous), je cite mes sources !

Du coup, mon guide pratique du préparationnaire au concours B ENITA deviendra obsolète l’an prochain… C’est donc la dernière année que vous pourrez l’utiliser ! Profitez en à fond 🙂 Et pour vous accompagner dans votre préparation de dossier, voilà le PDF de la présentation que j’ai donné, qui devrait normalement être à jour.

En espérant que ces ressources vous soient utiles, n’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de renseignements supplémentaires !

A plus !

Fiche de synthèse PPAM : Thym commun

Bonjour à tous,

Aujourd’hui un contenu un peu différent de ce à quoi je vous ai habitué, mais pour une fois 100% agro avec des ITK et tout le bordel. Je suis en train de travailler sur des fiches de synthèse concernant différentes espèces de plantes à parfum aromatiques et médicinales (PPAM). Aujourd’hui, tout pour produire, transformer et utiliser le Thym commun Thymus vulgaris L.

Bonne lecture ! 🙂

Taxonomie

Genre Thymus, famille des Lamiacées. Environ 350-400 espèces et variétés composent le genre Thymus, dont l’identification est peu aisée. On s’intéressera ici surtout au groupe représenté par le thym commun Thymus vulgaris L. et ses apparentés (espèces, variétés, hybrides) au port dressé, et non au groupe formé par le thym serpolet Thymus serpyllum, dit « thym sauvage » et ses apparentés au port rampant. Egalement membres du genre Thymus, ces derniers possèdent des usages comparables bien qu’ayant des arômes plus doux.

Description

Le thym commun Thymus vulgaris est un sous-arbrisseau pouvant atteindre 40 cm de hauteur. Tige tortueuse, très ramifiée, ligneuse dans sa partie inférieure. Feuilles petites, étroites, sessiles, roulées sur les bords, parfumées et de couleur vert bleu ou gris selon la saison et la variété. Les fleurs blanches à rosées à corolle bilabiées sont réunies en épis à l’extrémité des branches, et épanouies de mai à août.

Variétés et apparentés

Thym argenté Thymus vulgaris « silver posie » ou « Argenteus » : feuilles marbrées d’argent, saveur de thym modérée, les feuilles méritent d’être écrasées pour libérer tout leur arôme ; Thymus pulegioides : rustique, buissonnant, feuilles larges, fleurs rose mauve ; Thymus nitidus (syn T. richardii) : petite plante à feuilles étroites vert vif, fleurs pourpre pâle ; Thym orange Thymus x citriodorus « fragrantissimus » : 40cm, fleurs lilas pâle, feuilles gris-bleu, douces et fruitées, parfum d’orange épicée ; Thym citron Thymus x citriodorus : hybride au parfum de citron, fleurs lilas pale ; Thym citron « silver queen » Thymus x citriodorus « silver queen » : feuilles crème à argent, en hiver, bourgeons terminaux roses ; Thymus odoratissimus (syn. T. pallasianus) : longues branches lâches et molles, feuilles douces et citronnées, fleurs roses à calice pourpre. Le thym dit « maraicher » est un type issu de travaux de sélection, caractérisé par une grande productivité, des feuilles vertes et beaucoup plus longues et larges, et un arome moins puissant. Bien que les principes actifs varient en fonction de l’espèce et de la variété, mais également de l’emplacement et de l’exposition au soleil, la pharmacologie utilise une classification en 6 chémotypes, basée sur les composants majoritaires de l’huile essentielle : géraniol, linalol, terpineol, carvacrol, thymol, thujanol-4/terpineol-4.

Habitat et type de sol

Croit spontanément dans la garrigue et prés pauvres, coteaux arides, lieux rocailleux, se cultive en grande abondance jusqu’à 1500 m d’altitude. Sols calcaires, siliceux, arides, frais, légers, humifères, bien drainés. Les thyms redoutent les hivers humides et l’eau stagnante. Exposition plein soleil.

Maladies et ravageurs

Chenilles de noctuelles Emmelia traebaelis, larves de sésie Tinthia teneiformis qui perforent les tiges, piqures de cicadelles Eupteryx aurata, E. alticola et Emelyanoviana mollicula, punaises, thrips, lépidoptères Tortrix pronubana, géomètres, pyrales, altises, pucerons Myzus ornatus Laing., Kaltebachiella pallida, autres insectes tels que les genres Zygaena et Acidalia, Pyrausta aurata, P. purpuralis, P. sanguinalis et leurs chenilles, larves d’Arima marginata, escargots, maladies cryptogamiques Alternaria oleracera, Puccinia caulincola et P. menthae, Aecidium thymi, Thielavia microspora, dépérissement des plants clonés. Attention, la cuscute peut être apportée par le semis, rester vigilent.

Itinéraire technique

Semis. Compter 3 à 5 g de graines à l’are. Semer en caissettes ou sur mini mottes en mars-avril, support fin et bien drainé, sous abri à 20°C. Damer légèrement la terre avant semis et couvrir d’un peu de compost. Le délai de germination peut aller de 5 jours à un mois, en fonction des sources : deux semaines semble un intermédiaire plausible. Arrosez les plantules avec parcimonie, toujours par le bas, étant sensibles à la fonte des semis. Repiquage après 8 à 10 semaines, et une plantation définitive au printemps suivant.

Multiplication. Boutures, éclats de souche, et division permettent d’obtenir des pieds à partir d’une bonne plante mère. Prélevez les boutures sur les nouvelles pousses ou les bois tendres avant la floraison en fin de printemps, ou à l’automne. Hivernez les dernières boutures sous châssis froid. Les touffes bien établies (3 à 4 ans) doivent être divisées en fin de printemps en climat froid et humide, en automne en climat chaud et sec. La touffe doit être arrachée, et des morceaux pourvus de 6 à 12 brins séparés, en prenant soin de bien déchirer la souche. Replanter en enterrant toutes les parties qui ne portent pas de feuilles. Bien tasser la terre au pied et irriguer si besoin, et ce jusqu’au milieu de l’été.

Plantation. Pour les climats très chauds, plantation sous une ombre partielle. La plantation a lieu d’avril à mai ou d’aout à septembre. Les espacements sont de 20 à 40 cm sur le rang et 1,5 à 2 m entre les rangs selon les largeurs d’outil tracteur, 60 cm étant une largeur minimale pour les passages de cueillette. Soit une densité moyenne de 20 000 plantes/ha. Le thym peut rester en place pendant 6 ans.

Entretien. Désherber fréquemment ou pailler en sol très sec, lorsque les plantes sont jeunes. Lorsqu’elles sont adultes, il suffit de désherber avant la récolte. Irriguer seulement lors de la reprise ou en cas de sécheresse exceptionnelle. Si les récoltes sont espacées, tailler régulièrement en enlevant 10 à 15 cm de feuillage. Au printemps, tailler légèrement pour favoriser l’émission de jeunes pousses à l’arôme plus puissant, puis de nouveau après la floraison en fin d’été pour empêcher les plantes de devenir trop ligneuse ou éparpillée.

Récolte. La cueillette des feuilles peut se faire toute l’année pour un usage culinaire, et en début de floraison pour un usage médicinal. La récolte des sommités fleuries est recommandée en début de floraison lorsqu’elles sont particulièrement riches en principes actifs. Récolter à la faucille deux tiers de la repousse vers mars/avril et en fin d’automne. Déposer la récolte sur des draps et amener au fur et à mesure au séchoir.

Séchage. Le thym sèche facilement, sous réserve d’une bonne ventilation et de l’obscurité. Le séchage peut se faire sur canisses, dans ce cas, tendre des draps en dessous pour éviter des pertes de feuilles lors du séchage. Compter 3 à 7 jours de temps de séchage. Pour 1 kg de produit sec, compter 6,5-8kg de plante fraîche. On peut étaler jusqu’à 4 kg de plante fraîche par m², mais plus la couche est mince, plus la plante sèche vite.

Tri. C’est un poste important pour le thym. Battre dès que les feuilles sont bien sèches (ou rouler pour de petites quantités), puis trier à l’aide d’un sasseur ou de plusieurs tamis. Ventiler pour enlever les poussières.

Transformation et utilisation

Partie utilisée et usages. Sommité fleurie, feuilles, branche complète. Usage direct en aromate, infusion, macérat, huile essentielle (bain, savon, parfumerie, lotions, bains de bouche).

Propriétés. Bactéricide, antiviral, antifongique, expectorant, digestif par action antispasmodique sur l’intestin analogue à la papavérine (Bézanger-Beauquesne), immuno-stimulant. En usage externe, « tonique nerveux » qui lutte contre la dépression, le rhume et les difficultés respiratoires, et les douleurs musculaires. Certains auteurs lui accordent un rôle dans la désintoxication alcoolique (Annie Schneider). Les propriétés majeures diffèrent en fonction des différents chémotypes :

  • Le thym à thymol s’utilise en cas de fatigue générale, est un anti-infectieux et s’utilise dans le traitement de l’asthme, des dermites irritatives et de la couperose.
  • Le thym à géraniol est un antifongique, un antiviral et un antibactérien. C’est également un cardiotonique. Il s’utilise en cas de bronchite et d’entérite virale. Il est aussi utilisé dans les accouchements.
  • Le thym à linalol, est quant à lui, un antifongique dans les cas d’infection par Candida albicans. C’est également un vermifuge. De par sa moindre agressivité, ce chémotype est préféré pour les traitements concernant les enfants.
  • Le thym à paracymène est un antalgique s’utilisant principalement dans le traitement des rhumatismes et de l’arthrose.
  • Le thym à thujanol est un bactéricide (en particulier dans le cas de chlamydia) ainsi qu’un viricide.

Indications. Etats fébriles et grippaux, infections intestinales et urinaires, infections ORL et bronchiques, asthme, asthénie physique et psychique.

Constituants principaux. Huile essentielle à forte teneurs en phénols (dominante thymol, carvacrol, linalol, également cinéol, boméol), flavonoïdes (apigénine, lutéoline), acides phénols (rosmarinique et caféique), saponines à propriété antibiotique (n-triacontane). Nombreux minéraux et éléments-traces dont lithium, aluminium, calcium.

Toxicité et précautions d’emploi. Eviter un usage prolongé et un surdosage, les phénols étant hépatotoxiques. Contre-indiqué en cas de grossesse, d’allaitement et pour les jeunes enfants.l’huile essentielle de thym contient des phénols hépatotoxiques. 15 mL sont mortels pour un adulte, et en fonction des chémotypes et distillats, certaines huiles essentielles sont dermocaustiques. Respecter les précautions d’usage.

Formes d’emploi

  • Evaporation : 1 goutte d’huile essentielle 4 à 5 fois par jour pour ambiance olfactive, pas d’utilisation prolongée en diffusion atmosphérique, pas d’utilisation en inhalation.
  • Utilisation cutanée : 2 à 3 gouttes en dilution maximale à 5% dans une huile végétale, sur la zone à traiter.
  • Prise orale : uniquement sur avis officinal ou médical, 1 goutte par jour diluée dans une huile végétale en mélange avec de l’huile essentielle de citronnier. Poudre totale de sommités fleuries : 325 mg/gélule, 1 gélule 3x/jour avant les repas.
  • Infusion : 15g/L de branches avec sommités fleuries. Porter l’eau à ébullition, laisser infuser 10 minutes. 3-4 tasses par jour pour les affections bronchiques ou digestives. Variante en infusion composée : 20 g d’un mélange thym-menthe-réglisse, 2 tasses par jour pour indigestion et flatulences.
  • Limonade de thym : remplir une bouteille de rameaux avec sommités fleuries, recouvrir d’eau de source, laisser infuser en plein soleil pendant 3 à 4 jours. filtrer, ajouter un peu de sucre suivant votre goût. Bien mélanger et conserver au frais.
  • Sirop de thym : 2 grosses poignées de thym (en grammes ?), 1 L d’eau, 1 kg de sucre. Verser l’eau bouillante sur le thym et laisser infuser à couvert pendant toute une journée. Filtrer, ajouter le sucre et faire cuire à petit feu pendant 20-30 minutes. Vérifier la consistance du sirop. Conserver au frais ou stériliser pendant 20 minutes.
  • Apéritif au thym : 40 g de thym, 1 L de vin blanc sec et miel liquide à volonté. Faire macérer le thym dans le vin blanc pendant 10 à 15 jours, filtrer, ajouter miel suivant gout, bien mélanger et mettre en bouteille pour conserver 2 à 3 mois avant dégustation.
  • Liqueur : faire macérer pendant 10 à 15 jours un bouquet de thym en fleur dans 500mL d’alcool à fort titrage, idéalement 90°. Quand la solution commence à virer du vert au jaune brun, filtrer. Mélanger a un sirop obtenu par fonte à chaud de 200 g de sucre dans 500 mL d’eau. Un verre a liqueur 2 fois par jour.

Bibliographie

  • Anonyme (2014) Thymus vulgaris – Wikipedia
  • Avramov, Y. (2006) Ces précieuses plantes de méditerranée, Ed. Edisud, Coll. Je choisis le naturel !
  • Bremness L. (2005) Plantes aromatiques et médicinales, Ed. Larousse, Coll. L’œil nature
  • Cox J., Moine M.-P. (2011) Petit guide des herbes aromatiques – Semer. Récolter. Cuisiner, Ed. Le courrier du Livre
  • Fabiani G. (2006) Elixirs et boissons retrouvés, Ed. Equinoxe, Coll. Carrés gourmands
  • Galibert D. (2013) Bien être et santé – tout savoir sur les plantes et les huiles essentielles
  • Gerbranda W. (2004) La culture des plantes aromatiques et médicinales en bio, Ed. Editions du Fraysse
  • Guillet D. (2012) Semences de Kokopelli
  • Künkele U., Lohmeyer T. R. (2007) Plantes médicinales – Identification, récolte, propriétés et emplois, Ed. Parragon Books
  • McVicar J. (2006) Le grand livre des herbes, Ed. De Borée
  • Paume M.-C. (2007) Sauvages et médicinales – Plantes remèdes pour nos petits maux, Ed. Edisud, Coll. Je choisis le naturel !
  • Schall S. (2014) Mon jardin de plantes médicinales – Comment les cultiver, les conserver, les utiliser, Ed. Larousse

Le terrible secret des bananes

Hey !

Derrière ce titre à scandale injustifié, voici une chouette présentation (en anglais) expliquant brièvement et simplement les problématiques majeures en sélection et production de banane dessert pour le monde occidental, en passant par la Gros Michel et la Cavendish. Il faut néanmoins noter que même si la banane Cavendish que nous connaissons tous représente une part importante de la production mondiale de ce fruit, il existe de par le monde une impressionnante diversité de bananes consommées, qu’elles soient destinées à la consommation dessert, à cuire ou à brasser.

J’en profite pour copier/coller un extrait du résumé de mon mémoire de fin d’études qui apportera quelques chiffres sur la question, et brièvement introduire la question de la maladie des raies noires dans les Antilles :

Les bananes (Musa spp.) au rang de quatrième aliment de base, nourrissent environ 400 millions de personnes dans le monde. Avec une production mondiale estimée à 107 millions de tonnes en 2011, les bananes constituent la plus importante production fruitière, dont 15% est exportée. Toutefois, les bananes dessert destinées à l’export s’appuient actuellement sur une monoculture intensive monovariétale, centrée sur le sous-groupe Cavendish (groupe AAA). Cette base génétique très étroite expose l’industrie à des menaces importantes de la part des ravageurs et maladies. La Maladie des Raies Noires (MRN), causée par le champignon Mycosphaerella fijiensis, est considérée comme l’une des maladies les plus importantes pour la banane et menace donc la sécurité alimentaire. La résistance génétique est clairement le meilleur objectif à long terme pour le contrôle de cette maladie. L’expansion de la MRN dans les Caraïbes est récente, et M. fijiensis a été identifié en Martinique en 2010 et en Guadeloupe en 2012.

Et si vous voulez en savoir plus sur ce qui était fait au CIRAD Guadeloupe en sélection banane dessert, vous pouvez consulter ce précédent article, où Fred en personne nous explique tout !

Merci à Clem pour le partage !

Conférence « Post-fac : les écoles d’ingénieurs en agronomie »

Conference

Attention, cet article est obsolète ! Pour des informations fraîches, c’est ici que ça se passe 🙂

Hello !

Une petite publication rapide pour faire suite à la présentation sur la thématique de l’orientation post-fac en écoles d’agronomie, donnée ce mardi 10 décembre à 17h30 sur le campus Valrose de l’Université Nice Sophia Antipolis.

Le topo ?

Le BDE Bio et son ancien Président Jérémy LAVARENNE vous présentent la première conférence « Post-fac : les écoles d’ingénieurs en agronomie – tour d’horizon & admissions parallèles ».

Saviez-vous qu’après des études universitaires en biologie, les écoles de l’enseignement supérieur agronomique et agricole vous ouvrent grand leurs portes ? Recherche fondamentale et appliquée en sciences de l’environnement, du végétal et de l’animal, métiers du conseil et de la production à l’échelle des territoires, transformation et commerce agroalimentaire, coopération et développement à l’international, monde des affaires ou bioinformatique…

Les écoles d’ingénieurs en agronomie proposent un spectre de formations bien souvent insoupçonné, menant à un très large panel de métiers du vivant. Publiques ou privées, elles réservent une partie de leurs quotas à des admissions de profils universitaires, sur concours.

Quels sont ces concours ? Quelles sont les écoles, les formations et les spécialisations concernées ? Quels sont les métiers offerts par un marché du travail de plus en plus concurrentiel et en proie au verdissement des activités ? C’est à cet ensemble de questions que nous tenterons d’apporter des réponses, afin de vous faire prendre conscience de l’existence d’une filière « de la fourche à la fourchette » en recherche de profils supérieurs en sciences du vivant.

J’y ai également présenté mon guide pratique du préparationnaire au concours B ENITA… 😉 Vous trouverez ci-dessous le powerpoint de présentation, et ici le lien vers la page Facebook de l’évènement.

En espérant que ces ressources vous soient utiles, n’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de renseignements supplémentaires !

Un point de vue prospectif sur les PGM

Tubes

Bonjour bonjour!

Aujourd’hui, j’aimerais profiter de l’espace de libre expression qu’est ce blog pour aborder au travers d’un article d’opinion la question si délicate des plantes génétiquement modifiées (PGM). Dans le contexte d’une actualité bouillonnante sur bien des aspects de cette problématique, mon propos n’est pas prévu pour durer. Mais il me permettra de vous faire part de mon point de vue et de jalonner ma réflexion. C’est un article technique, mais il va de soi que je suis ouvert à tout échange, tant sur la forme que sur le fond de ce qui va suivre.

Pour commencer: est-il bien nécessaire de présenter à nouveau le concept de PGM ?

De ce que je peux entendre quand il m’arrive d’aborder le sujet avec des non-initiés, les PGM sont souvent présentées comme des franken-plantes, chimères issue des laboratoires de l’infâme Professeur Monsanto, et qui, en se propageant au gré des vents sur les champs des pauvres paysans en biodynamie, supplantent leurs cultures, tuent les insectes pollinisateurs tout comme les auxiliaires et polluent les sols, lesdits sympathiques et moustachus paysans n’ayant alors pour unique solution à leur impuissance que la pendaison… Derrière ce ton à peine exagéré, j’aimerais faire le constat suivant: lorsque l’on entend parler PGM, l’aspect technique de l’objet est complètement abandonné au profit d’une scandalisation aberrante des aspects environnementaux, sociétaux et économiques. Et c’est dans ce contexte que le « Point Monsanto », tel que proposé par @marc_rr en référence au point Godwin, est atteint plus vite que l’éclair. Donc oui, un travail d’éducation ayant été complètement bâclé sur le sujet, il est pour moi nécessaire de repartir de la base, et de présenter à nouveau le concept de PGM.

Tiens d’ailleurs, pourquoi entend-on parler d’OGM plutôt que de PGM ?

Il existe dans l’opinion publique un biais de langage, faisant probablement suite aux premières polémiques portant sur les textes de loi relatifs aux biotechnologies. Alors que les OGM désignent les organismes génétiquement modifiés au sens large du terme, potentiellement issus de toutes les branches du vivant, pour la plupart utilisés depuis bien des années dans la recherche comme de fantastiques outils de compréhension du vivant (ici, une liste exhaustive des organismes modèles en biologie, parmi lesquels peu n’ont pas de variant GM), et dans l’industrie comme d’efficaces usines à molécules, les PGM ne concernent que le règne végétal. Plus restrictifs dans le domaine d’application, a visée de recherche scientifique et de production agricole, ils soulèvent ainsi des problématiques spécifiques. Par pitié, soyez donc précis et utilisez les termes appropriés, ne parlez plus d’OGM quand il s’agit en réalité de PGM (et allez par la même expliquer à un militant diabétique de type 1 au badge « OGM j’en veux pas » que l’insuline qu’il s’injecte est un pur produit issu du génie génétique, ou encore mieux, allez relire la couverture du Nouvel Obs spécial Séralini). En bref, OGM vs PGM : les espèces ne sont pas les mêmes, et les problématiques non plus.

Ok donc, qu’est ce qu’une PGM ?

Une PGM est une plante génétiquement modifiée, ce qui signifie qu’à l’intérieur de son génome (l’ensemble du matériel génétique de l’individu, porté par l’ADN), des gènes provenant d’autres espèces (on parle de transgénèse), ou d’espèces proches voire de la même espèce (on parle de cisgénèse) peuvent être insérés par différentes techniques de génie génétique.

Des premières PGM pas très clean…

Alors que les premières générations de PGM commerciales intègrent des gènes de résistance à certains produits phytosanitaires (les variétés RoundUp Ready résistantes au glyphosate en sont l’exemple le plus marquant) ou de protection contre les ravageurs (les variétés Bt codant pour la synthèse d’un insecticide naturel), la plus grande partie de la polémique liée aux PGM tourne autour de l’innocuité pour la consommation humaine. La partie la plus intéressante du débat s’y cristallise sur l’impact éventuel des acides nucléiques (ADNc/ARNm et interactions avec le microbiome digestif), des protéines et des métabolites secondaires d’origine transgénique directe ou indirecte sur la santé humaine. Des questions relatives à l’agroécosystème sont également posées, quant à l’impact de la culture de ces PGM sur les pressions évolutives des ravageurs, la diffusion des transgènes par le pollen, mais aussi de l’incorporation de ces derniers par la microfaune du sol, et la transmission incidente dans l’écosystème d’un matériel génétique nouveau ayant un rôle potentiel dans la balance évolutive.

Transgénèse, principe de précaution et coévolution

L’introduction d’un matériel transgénique dans des cultures à vocation alimentaire soulève des questions évidentes vis à vis de l’innocuité des variétés produites. Avec des transgènes originaires d’espèces n’ayant probablement jamais fait partie d’un régime alimentaire humain, je pense qu’il est prudent de considérer, selon une hypothèse coévolutive entre l’homme et les espèces cultivées, l’existence de risques quant à l’utilisation desdits transgènes. En cela, le processus d’évaluation des risques mis en place par l’Europe, sur la base du principe de précaution, me semble tout à fait justifié.

La technique à la rescousse

Ces questions se posent alors que nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements des PGM commerciales, caractérisées par une maitrise toute relative, à la fois en nombre et positionnement, de l’insertion des transgènes, incidemment de leur régulation. Avec l’avènement de nouveaux outils moléculaires comme les TALENs, les PGM des générations futures gagneront en technicité, avec des transgènes ou cisgènes insérés en nombre plus faible et de manière plus précise. Bien que les questionnements relatifs à la dissémination du matériel génétique introduit s’en verront réduits, les questions de santé humaine restent cependant dépendantes des transgènes utilisés.

Prospective : NGS et phénomique – vers un breeding moléculaire par cisgénèse ?

Avec l’avancée à pas de géants des techniques de génotypage, en particulier du génotypage par séquençage faisant suite au foisonnement de l’industrie du séquençage de nouvelle génération, et en relation à des travaux de phénotypage dont le débit va crescendo (plateformes de phénomique, utilisation de drones…), nous nous trouvons dans une phase d’explosion de la quantité de données génétiques pour les espèces d’intérêt agricole. Nous sommes à l’aube d’une sélection variétale sur idéotypes d’une grande précision, et il y a fort à parier que d’ici quelques années, les données acquises sur des généalogies connues, traitées au travers d’outils de génétique et d’épigénétique quantitatives et statistiques, et avec l’aide de nouvelles connaissances en épigénétique, nous permettront de comprendre à l’échelle moléculaire l’origine de phénomènes d’intérêt tel quel l’hétérosis si chère à la production d’hybrides. A partir de là, quelle pourrait être la place de PGM cisgéniques ? Pratiquerons-nous une sélection non plus basée sur une approche conventionnelle guidée par des marqueurs moléculaires, mais à la création de toutes pièces de véritables chimères cisgéniques, qui auraient très bien pu être obtenues en dix fois plus de temps à l’aide de séries de croisements conventionnels? Arriverons-nous par ce biais à percer le fonctionnement de chacun des éléments de régulation génétique au point de réussir à obtenir des variétés, voire des populations optimales pour chaque milieu ?

Et a ce point là, où en sera de nouveau l’opinion publique sur les PGM ?

Pour finir, une vidéo de Greenpeace Suisse, juste parce qu’elle est issue d’une page qui traite « des OGM » (argh). Ha et aussi, j’aime pas la conclusion très antiprogressiste.

  • Jérémy Lavarenne

    Ingénieur agronome et doctorant en biologie des systèmes, je suis à mes heures perdues un internaute averti, ainsi qu'un biologeek définitivement atteint.

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