Roll the nems !

Traverser pour une friture

Un goût de Vietnam

Vietnam, semaine 3

Hello !

En cette troisième semaine, même si nous nous posons encore plein de questions sur le pourquoi du comment de certaines choses ici au Vietnam, tout se passe bien. Notre vocabulaire culinaire (ou de survie, c’est une question de point de vue) s’étoffe de jour en jour, et nos commerçants préférés commencent à nous reconnaître. Les cours se passent bien, entre une UE de statistiques et d’ingénierie métabolique des plantes, et l’amplitude horaire nous laisse le temps de prendre le pouls de la capitale.

En cette fin de semaine, nous avions été invités à un mariage dans une province voisine, mais faute d’avoir réussi à trouver des vêtements habillés pour Alexia – malgré un raid shopping organisé par Huyen et Khanh, et du fait d’incertitudes sur le mode de transport, nous avons préféré rester sur Hanoï.

Ce weekend, nous nous sommes rendus au temple bouddhiste Tr?n Qu?c, situé sur un ilot du lac de l’Ouest accessible par une langue de terre. Plus ancienne pagode de Hanoï, elle a été construite au VI ème siècle durant le règne de l’empereur Ly Nam De. Dans ses jardins se trouve un bodhi tree ou figuier des pagodes, issu d’une bouture de l’arbre sous lequel Bouddha se serait assis pour y trouver l’illumination. Nous avons également fait un crochet par le temple taoïste de Quán Thánh, plus modeste mais tout aussi richement décoré, daté du XI ème siècle et dédié à la déesse Tr?n V?. Il est l’un des quatre temples bâtis aux quatre coins de la cité selon les quatre directions, afin de protéger Hanoï des esprits malveillants. Il comprend une statue de bronze de Tr?n V? d’un poids de 9 t, ce qui en fait la seconde plus grosse statue du Vietnam. Nous nous sommes ensuite promenés le long des berges du lac de l’Ouest, quartier par excellence de résidence des expatriés, et de rendez-vous des jeunes amoureux qui se bécotent sur leurs motorbikes. Au premier regard, ce lac semble cependant pâtir plus que les autres des activités humaines de la capitale, avec ses nombreux poissons ventre en l’air (ce qui n’empêche pas les hanoiens de pratiquer la pêche à la traîne, mais l’histoire ne dit pas si les poissons sont ensuite consommés). Une fois rentrés à l’appartement, le ciel lourd s’est enfin décidé à nous tomber sur la tête au travers d’un orage tropical bien placé !

Aujourd’hui, la bruine incessante aidant, nous nous sommes rendus au Musée d’Ethnographie du Vietnam, qui est à quelques pâtés de maisons de notre appartement. L’exposition permanente est articulée autour des différentes ethnies peuplant le pays, lesquelles sont plus d’une cinquantaine, réparties selon différentes grandes familles linguistiques. Les collections d’objets sont chouettes ; on arrive à distinguer les spécialités des peuplades au travers des objets produits. A l’extérieur, se trouvent des reproductions des habitations typiques des grands groupes ethniques. Pas de photos à vous montrer cependant, faute à la météo et à l’heure précoce de fermeture du musée (ainsi qu’au badge « photographe » non acheté… EDIT : et qui s’avère tout compte fait inutile). On y retournera probablement, ne serait-ce que pour profiter des animations d’extérieur !

Voilààà, j’espère que prochainement je pourrai trouver des collègues qui seront bien d’accord pour une escapade en moto hors de la ville ! A défaut, il restera les journées de terrain du laboratoire…

Quelques photos pour finir (dont des photos de bouffe, plus appétissantes que celles de l’autre fois) ! A très vite, portez-vous bien !

Pagode Tr?n Qu?c
Détails des boiseries, pagode Tr?n Qu?c
Encens, pagode Tr?n Qu?c
Monument commémoratif, pagode Tr?n Qu?c
Pagode Tr?n Qu?c
Ponton, pagode Tr?n Qu?c
Porte et jardins, temple Quán Thánh
Le fameux ca phe sua, un café noir directement passé au dessus de la tasse dans un fond de lait concentré sucré
Goûter à la viet : thé et petits ananas
Repas en ville pré-shopping avec Huyen et Khanh
Ph? bò, soupe de nouilles au boeuf, citron vert et piment oiseau
Ph? bò xao, nouilles sautées au boeuf
Sua chua, dessert frais à base de yaourt, glace pilée, fruits frais, fruits en gelée et tapioca

Vietnam, semaine 2

Hello!

Deuxième semaine sur Hanoï, les choses se mettent tranquillement en place, et mon premier module de master est déjà terminé. Prodigué par deux professeurs de la faculté de pharmacie de Lyon, nous y avons traité des techniques de détermination de composés organiques (spectroscopie RMN et IR, spectrométrie de masse). Aujourd’hui, j’ai donc entamé les cours de mon second module, dont la thématique porte sur l’ingénierie métabolique des plantes (ou, grosso modo, comment modifier le fonctionnement d’un végétal pour le rendre intéressant humainement parlant). Le cours est cette fois-ci assuré par un professeur vietnamien, à l’anglais scientifique grammaticalement parfait. Rien à redire sur ce point là. Mais j’avoue que dans cinq mois, je crains de ramener en France un anglais à consonance asiatique… on aura vu mieux comme souvenir quand même 🙂

Du côté d’Alexia (oui parce que donner des nouvelles d’une même personne à deux endroits différents ça augmente le nombre de visites, héhéhé, et puis c’est comme toute bonne série, il faut un spin-off !), elle s’est essayée à un stage dans un institut de recherche en écologie (l’IEBR pour les intimes), mais les gens de là bas ne semblent pas avoir l’habitude des stagiaires (en plus de ne pas bien maîtriser la langue de Shakespeare) (mais comment font-ils pour publier ?) (on me dit dans l’oreillette que c’est une production scientifique interne au pays, alors soit). Du coup, elle devrait s’essayer à un labo lié de près ou de loin à l’IRD dès ce lundi !

Pour ce qui est des bagages, toujours évaporés entre ici et là bas, il nous a été très justement suggéré d’essayer de faire passer les démarches par l’agence de voyage chez qui nous avons acheté les billets. A la suite d’un appel, il nous a donc été annoncé un horaire de livraison, laquelle n’a évidemment pas eu lieu. L’affaire est donc au point mort, et le ping-pong concerne cette fois-ci non plus trois mais quatre acteurs, soit suffisamment de monde pour organiser un tournoi : Air France, Vietnam Airlines, l’aéroport de Noï Baï et Carlson Wagonlit, notre agence de voyage. Cela dit, notre correspondant Carlson semble prendre l’affaire très au sérieux, et la suit de près. La suite au prochain épisode, en espérant qu’il y ait résolution du problème pour Alexia, la chose lui portant sur le moral…

Rebondissant sur le moral, il est globalement bon, les quelques bas s’estompant assez bien une fois l’esprit occupé par les cours ou la cavité buccale occupée par de la bouffe (dixit le gars qui tape son article en mâchonnant une espèce de portion de gelée aux fruits un peu insipide, globalement pas inspirante et pour tout dire franchement bizarroïde) ! Vous l’aurez compris, nous essayons donc d’élargir petit à petit nos horizons gustatifs, de surprendre nos papilles ! Le choix est excessivement large, mais il n’est pas toujours facile d’aborder le vendeur de rue ou la cuisinière dans sa gargote pour lui acheter ce truc, là, qui semble mangeable… pas facile, du moins jusqu’à la première bouchée à la suite de laquelle on se dit qu’on reviendra ! Parmi les trucs les plus intéressants jusqu’à présent, je citerai leur café lait, dit « ca phe no da », infusé dans un espèce de filtre posé au dessus de la tasse, dans laquelle il y a du lait concentré sucré et des glaçons. Ça passe tout seul après le repas (et puis ils servent un thé en même temps, allez comprendre). Et aujourd’hui, j’ai goûté un espèce de beignet de fruit, acheté 10.000 Dongs (40 cts) à une dame qui faisait ses fritures à un angle de rue. C’était très bon (et aussi très gras, mais est-ce utile de le préciser ?).

En fouinant un peu sur le guide de voyage Lonely Planet, je suis tombé sur l’adresse internet d’un gars qui vit ici depuis 10 ans, et dont le blog est en passe de devenir notre guide de survie aux travers des rues de Hanoi. Son blog s’appelle StickyRice (« riz collant »), et il ne parle de la ville qu’à travers la nourriture qu’on y trouve, dans un style vraiment amusant. C’est à cette adresse, et c’est en anglais. La photo de l’intitulé de l’article est de sa création. Gloire à lui.

Le weekend dernier, Anh Vu nous a emmenés faire un tour de l’autre côté du fleuve Rouge, à Bat Trang, le village des potiers. On s’est promenés sur le grand marché aux céramiques, où on trouve de tout (probablement à tous les prix, mais pour ça il faut demander/marchander). Beaucoup de revendeurs écoulent des produits identiques, du coup on peut se demander si tout est fabriqué à même le village. Mais je crois que dire ça serait en fin de compte blasphémer sur la ville, son histoire et sa réputation 😉 Toujours est-il que j’y retournerais bien, si possible dans l’envers du décor, histoire de découvrir quelque chose d’authentique et faire de chouettes emplettes (bah oui, ce serait bête de laisser nos deux bols de Bat Trang tout seuls dans notre armoire, il y a là bas des services complets prêts à être adoptés !).

Voilà, c’est tout pour la semaine! Demain, weekend, je pense que l’on sortira découvrir Hanoi, accompagnés de hanoiens cette fois-ci!

A très bientôt, prenez soin de vous (et soyez pas tristes, plus que 5 mois et je reviens :p)

Alors pour les curieux, les cocos fraîches ça contient plus d’un demi-litre d’eau de coco, ça a pas beaucoup de goût mais c’est très frais. Pour la chair, raclée à la cuillère c’est plutôt gélatineux et pas très sucré.
Marché de Bat Trang
Marché de Bat Trang
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