Le mot de Jay

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Tag: stage

Guadeloupe, semaine 6

Guadeloupe-S6

Hello!

Déjà un mois et demi ici, et il aura fallu que je compte les numéros des semaines pour m’en rendre compte. Entre la prise de marques, le travail de bibliographie et la mise en place des premiers essais, les journées sont bien remplies et s’enchaînent sans que l’on s’en aperçoive. Toujours pas d’Internet sur place en dehors du bureau et du bâtiment Guest, qui s’avère être plutôt bien exposé aux précipitations de ces dernières semaines. Les soirées s’articulent donc généralement autour d’un triptyque apéro-repas-vidéo et ne durent jamais tard, la plupart d’entre nous s’étant calés sur un rythme solaire et se levant tôt.

On trouve toujours à s’occuper le weekend, et en partageant les voitures il y a de la place pour partir en groupe découvrir les coins sympa de l’île. Ces dernières semaines, nous avons été nous promener sur le littoral des alentours de Trois Rivières, apprécié des indiens caraïbe, colons et planteurs, comme en témoignent pétroglyphes, artéfacts militaires et vestiges d’exploitation sucrière. La semaine suivante, nous avons pris de l’altitude et randonné tout au long des deux boucles de la trace de Sofaïa, un sentier boueux, glissant et pour tout dire infâme, d’une distance et d’un dénivelé annoncés de 700 m et 15 km. L’intérêt? Il traverse la forêt primaire, et y’a des chutes sympa et une douche d’eau soufrée pas loin. A part ça je vois pas et en plus j’ai de gros doutes quant aux chiffres présentés. Le weekend dernier, nous l’avons joué plus cool et loué des bateaux au port de Morne Rouge pour prendre la mer au sein de Grand Cul-de-Sac marin, une grande baie fermée par la barrière de corail, incluse dans le territoire du parc national de la Guadeloupe. Nous y avons navigué d’ilet en ilet (ilet Blanc, ilet de Carénage, ilet Caret, caille de la Biche, pour ce qui est du trajet), plongé en récif et en épave et, d’une manière globale, glandouillé toute la journée. Et le lendemain, nous avons accompagné Johan au spot de parapente en vol dynamique du Moule, sous la houle (wouah c’te rime).

Il y a 15 jours, j’ai aussi été passer un weekend chez Alexia, en Martinique. En dépit d’un vol somptueux en ATR 72 (je ne pensais pas qu’un turbopropulseur pouvait pousser aussi fort qu’un turboréacteur au décollage) longeant la Basse Terre et survolant les Saintes et la Dominique, d’une arrivée sous un soleil et une chaleur qui a tranché avec les intempéries en Guadeloupe, et d’un accueil sympa de la part d’un martiniquais qui m’a auto-stoppé reggae à fond jusqu’à Fort-de-France, nous nous sommes pris la pluie tout le weekend. Comme si ça ne suffisait pas, une crasse de la part d’une agence de location de voitures nous a définitivement flingué de weekend en nous empêchant de sortir découvrir l’île le dimanche… La vengeance étant un plat qui se mange froid, c’est pour cela que j’ai pris mes dispositions en termes de location pour le weekend prolongé à venir, afin d’aller vadrouiller dans la Guadeloupe avec Alexia, qui viendra me rendre visite pour une bonne partie de la semaine.

Dans le même ordre d’idée de passage d’île en île, avec Alex nous aimerions bien partir découvrir la Dominique, l’île séparant la Guadeloupe de la Martinique. Dépendante du Commonwealth, elle semble appréciée par le mouvement rastafari, et est présentée comme encore à l’état sauvage. Sa devise est d’ailleurs « Après le bon Dieu, la terre », et son slogan « the nature island ». Au vu de la littérature, le voyage une fois sur place semble sûr en bus ou en stop, et le bivouac en carbet facile. A l’heure actuelle, nous avons pris contact avec un couchsurfer local, chez qui nous pourrions faire étape à l’occasion d’un éventuel tour de l’île ! D’autres îles nous sont également accessibles : Sainte Lucie et Saint Vincent et les Grenadines au départ de la Martinique, Montserrat, Antigua et Barbuda, et Saint Kitts et Nevis au départ de la Guadeloupe ! Malheureusement, au delà des questions de budget, le souci principal est d’ordre temporel. Les ferrys ne partent pas quotidiennement, les trajets sont longs, et la synchronisation Guadeloupe/Martinique compliquée, ce qui rend difficile des séjours sur les weekends. Pas dramatique, il y a déjà de quoi faire sur place, entre la Guadeloupe, la Dominique et la Martinique :)

A part les projets de vadrouille, ici niveau labo et logement, c’est un peu l’aventure au quotidien. Avec les grosses précipitations liées au passage précoce d’ondes tropicales, les bâtiments prennent facilement l’eau, et le toit du labo a dû être bâché. Ces derniers jours, l’eau courante a été coupée, une panne de réseau ironique quand on considère la quantité de flotte tombée pendant 15 jours, et le retour en grande pompe de la chaleur et du beau temps. C’est amusant de se rendre compte à quel point notre mode de vie dépend de l’alimentation en eau courante, et de prendre conscience des quantités consommées. Du coup, on a fonctionné au système D en réquisitionnant des bombonnes d’eau de boisson, et en en remplissant d’autres à partir d’une tonne à eau mise à disposition par les techniciens de la station.

A ce propos, j’ai jusque là une très bonne image des Guadeloupéens, toujours ouverts et souriants. Les gens de la station expérimentale insistent généralement pour que l’on se tutoie. Les collègues laborantins sont toujours disponibles et agréables, de même que les techniciens agricoles, quoiqu’un peu plus taquins ! En dehors, les vendeurs du marché de Petit-Bourg sont généralement commerçants, et la bouchère de l’élevage d’en dessous est très agréable. Une anecdote : à la suite de la rando à Sofaïa, nous nous sommes posés sur la place de Sainte Rose, histoire de boire un coup et respirer. Nous y avons été abordés par un local, qui nous a tapé la discussion et a fini par inviter notre groupe de 5 marcheurs chez lui. Nous y avons été accueilli par sa femme et ses enfants, ti punch, acras, boudins et épices inclus, et avons fini par y rester toute la soirée ! Alors, les questions de racisme anti-blanc, jusque là y’en a pas, et c’est tant mieux !

 Hop, c’est tout! Prenez soin de vous!

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Le littoral de Trois Rivières, et les Saintes en arrière-plan

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Un vieux canon rouillé d’avant la Révolution

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Ruines d’un moulin à sucre

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Plage de sable volcanique

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Plage de sable volcanique

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Plage de sable volcanique (et mes pieds)

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A poil dans la forêt (primaire)

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Quelques racines bizarres

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De la boue (et encore mes pieds)

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La chute d’eau qui récompense toute la souffrance endurée dans la journée (même si on pouvait y aller par la petite boucle de rien du tout)

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Ilet Blanc

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Ilet Blanc

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Oh mon bateauuuhohohooo

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Top speed : 5 knots

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Call me Haddock !

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Bonus

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La Biche, et son bouiboui les pieds dans l’eau

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Des palétuviers

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Temps pourri sur Basse Terre

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Concours d’apnée « no limit »

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Toujours La Biche

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Jo au décollage

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Dynamique dans les embruns

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Coucher de soleil sur la plage du Moule

Guadeloupe, semaine 1

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Bonjour à tous,

Je vous avais rapidement parlé de mon prochain départ lors d’un précédent billet, mais au cas où vous l’ayez loupé : ça y est, je suis en Guadeloupe! Pour remettre les choses dans leur contexte, j’ai candidaté au CIRAD pour une offre de stage de fin d’études, où j’ai été recruté pour travailler sur la cercosporiose noire, une maladie du bananier. J’ai d’abord passé deux semaines sur le site de Baillarguet, à Montpellier, pour suivre une formation sur le protocole que je dois mettre en place en Guadeloupe (je pense que j’écrirai un article à part pour vous expliquer tout ça), avant de décoller pour la station expérimentale de Neufchateau.

Avant même de toucher le sol guadeloupéen, la première chose marquante sont les couleurs, qui percent les nuages bas pour arriver jusqu’au hublot de ton avion en approche, et te font bien comprendre que tu arrives en zone Caraïbes. Du vert vif pour les végétaux, de l’ocre foncé pour les terres, et bien sûr un dégradé de turquoise vers le marine pour le rivage et ses récifs coralliens. Une fois sur le tarmac, le stewart en rajoute évidemment une couche en annonçant en français, en anglais, mais surtout en créole que la température au sol est de 27°C. Par chance et malgré un retard dans vol, j’ai pu éviter d’une petite demi-heure la panique à l’aéroport de Pointe-à-Pitre causée par une coupure de courant, qui a fait que tous les avions ont du être détournés vers Fort-de-France, en Martinique. Bien renseigné sur les horaires des vols, Frédéric, mon maître de stage, arrive en parfaite synchronisation et m’accompagner à la station expérimentale, malgré que lui aussi soit fatigué d’un retour de congrès de planteurs à Cuba.

Le site de Neufchateau s’étend sur une quarantaine d’hectares de la commune de Capesterre-Belle-Eau, sur les douces pentes des contreforts Est du massif de la Soufrière. On y trouve la direction régionale du CIRAD pour la zone Antilles-Guyane, un institut technique bananier, ainsi que des équipes travaillant sur l’agronomie, la physiologie, l’épidémiologie, la virologie et la sélection variétale de l’ananas et du bananier. La page dédiée du site internet du CIRAD sera évidemment plus exhaustive. Le site est très bien entretenu, les bordures sont débroussaillées de près et les arbres bien taillés, et c’est en remontant une très jolie allée de fougères arborescentes traversant les premières parcelles d’essais de bananiers que l’on arrive au bâtiment de recherches. Plus haut encore, on aperçoit les premiers vrais reliefs de la Basse Terre, et sa forêt primaire. Cela dit, pas besoin de regarder bien loin pour voir des choses : il y a ici tout un tas de nouveaux oiseaux, reptiles, insectes et plantes faciles à observer, mais nous pourrons en parler plus tard.

Etant donné que c’est de saison, nous sommes une petite armée de stagiaires sur place, tous logés dans des bungalows situés vers l’entrée de la station. Ce sont des logements très corrects, bien équipés, en mode “la kaz a moin kréyol” (ma case créole), avec ou non vue sur la baie (je me suis fait arnaquer sur ce dernier point puisque j’ai une vue sur les bananiers, cela dit il y a toujours moyen d’aller prendre le ti’punch chez les voisins). Seul point noir au tableau : pas de connexion internet. Il existe un point d’accès wifi au “Guest”, le bâtiment d’accueil et de réunion situé entre les bungalows, mais le signal faiblard implique que l’on s’y installe en vrac sur les marches pour se connecter le soir. Malheureusement, ce point d’accès a été coupé ce weekend pour une maintenance réseau, ce qui implique de remonter au bureau pour se connecter. Pas très pratique et à suivre dans le courant de la semaine, mais on ne va pas trop râler au vu du prix plancher du loyer.

Parlant de weekend, celui de Pâques semble être un temps fort de l’année pour les Guadeloupéens, qui se retrouvent en famille autour de gros campements installés sur les plages. Pour ce premier weekend prolongé, la joyeuse troupe de stagiaires m’a embarqué avec elle pour vadrouiller sur l’île.

Vendredi, nous sommes partis en direction de la pointe septentrionale de Grande Terre pour une randonnée sur les falaises de calcaire au départ de l’anse de la Porte d’Enfer. Nous avons marché une petite dizaine de kilomètres sous la bienveillance du vol des frégates, et dans une brise atlantique traître ayant dissimulé la morsure du soleil caribéen. En chemin, nous nous sommes arrêtés pour profiter des embruns d’un souffleur, configuration rocheuse côtière produisant sous l’effet de la houle un geyser d’eau salée. En reprenant la voiture, et après un passage à la pointe de la Grande Vigie où nous avons pu observer le passage du cap de la part d’un banc de dauphins, pause plage de sable blanc à Anse Bertrand et premier masque-tuba très encourageant pour la suite des festivités.

Samedi, nous avons embarqué à partir de Trois Rivières pour une traversée sous la pluie et la houle mais rigolote, accompagnée par des poissons volants, en direction de l’île de Terre de Haut, aux Saintes. Pour faire bref sur le programme de la journée : balade et glandouille de plage en plage, lagons coralliens et pleine ouverture sur l’Atlantique inclus. Hé ben, les Saintes c’est bien joli, mais c’est vraiment tout rikiki et très aride en cette saison. J’imagine que j’aurai l’occasion d’en reparler, mais en comparaison à la côte au vent (côte Est) de Basse Terre et ses 12 000 mm de pluie annuelle (oui oui, 12 m), les Saintes ne reçoivent qu’un “petit” 1 750 mm. Niveau topographie, Terre de Haut est assez encaissée, mais reste toute en pentes douces, et l’île peut être intégralement parcourue à pieds en moins d’une petite demi journée. Bien que les saintois soient reconnus comme des pêcheurs hors pair, les habitants semblent s’essayer au retour à la terre, et ont installé quelques animaux sur leurs parcelles. Malheureusement, la repousse semble très limitée en cette période sèche, et le complément fourrager inexistant. Résultat : des bêtes en pauvre état et des sols mis à nu qui s’érodent sous l’effet du piétinement et des alizés. Au delà de cet aspect agro, la vie semble tranquille sur l’île, au point de se demander ce que les saintois font de leurs journées, quand ils ne travaillent pas à l’accueil des nombreux touristes qui affluent chaque matin par les navettes maritimes. Bref, une chouette journée aux Saintes.

Dimanche, nous avons été faire un tour en Grande Terre, dans la ville de à Morne-à-l’Eau. Il est à noter qu’en cette période des fêtes de Pâques, et en tant qu’aliment maigre, le crabe est un mets de choix. D’autre part, certaines communes idéalement situées sur des territoires marécageux sont imprégnées d’un important folklore lié à ce fier décapode. C’est ainsi que les mornaliens célèbrent chaque année pour le weekend de Pâques la Fête du Crabe, où l’on mange des plats à base de crabe, où l’on parle de crabe, où l’on se fait pincer fort par des crabes, où l’on élit le plus gros crabe, où l’on fait des courses de crabes, et où l’on danse et l’on chante crabe. C’est crabement drôle et bon enfant.

Lundi, changement de décor puisque nous nous sommes promenés sur Basse Terre, en en faisant le tour complet par la très belle nationale, toute en courbes, en montées et en descentes, longeant la côte, surplombant la mer et traversant la forêt primaire, tout offrant des points de vue à couper le souffle. A tenter absolument en moto. Il est amusant de noter à quel point la côte au vent (Est) et la côte sous le vent (Ouest) sont différentes, l’une humide et luxuriante, l’autre beaucoup plus aride, et de constater que l’on traverse un si grand nombre d’environnements en un si faible kilométrage. Dans cette journée de balade, nous nous sommes arrêtés à la plage de Malendure, qui délimite avec les ilets Pigeon la réserve Cousteau, dans laquelle il est facile de nager avec des tortues de mer ! Sur le chemin du retour, nous avons fait une pause rafraîchissante à la cascade aux écrevisses, située sur la route de la Traversée, en cœur de Parc National, pour une baignade ombragée en eau douce bien réconfortante après l’eau de mer et le soleil.

Pour finir, pour reprendre les bonnes habitudes, des photos !

Bisous, prenez soin de vous !

« La kaz »

« La kaz »

« La vue depuis la terrasse des voisins »

« Entrée de la station »

 

« Entrée de la station : allée de fougères arborescentes »

« Bureaux et labo »

« Anse de la Porte d’Enfer »

« Trou de Madame Coco »

« La côte »

« En contrebas »

« Végétation »

« Pas dangereux du tout »

« Turquoise »

« Souffleur »

« Plage de l’Anse Bertrand »

« Traversée sous la pluie »

« Les Saintes sous la pluie également »

« Les Saintes »

« Les Saintes »

« La Baie des Saintes »

« Un lagon de l’autre côté de l’île »

« Plage du lagon »

« Des cocotiers, des chèvres et des iguanes »

« Mouillage dans la baie des Saintes »

« Aérodrome en bord de plage, décollage plein Atlantique »

 « Retour des nuages »

Montpellier, semaine 14

Bonjour à tous !

Ça fait un bail que je n’ai pas écrit par ici ! En fait, pas depuis l’article sur ma première semaine montpellieraine, publié début septembre. Ouais, ça craint, hein? Mais tout n’est pas perdu! Étant donné que les vacances de Noël approchent, il m’est possible, par un subtil truchement logique, de retourner le problème et de retomber sur mes pattes en vous proposant une rétrospective de la première moitié de semestre passée à SupAgro. Je pourrais du coup en profiter pour vous parler un peu plus en détails du contenu de la formation suivie, mais aussi vous toucher deux mots quant à la vie sur le campus de la Gaillarde, entre autres choses !

Allons-y, donc.

Comme j’en parlais dans mon billet de septembre, j’étudie dans l’option APIMET, qui nous forme à la sélection variétale. Pour remettre les choses dans leur contexte, les sélectionneurs sont des monomaniaques de l’amélioration des végétaux, qui peuvent travailler à la compréhension des mécanismes impliqués dans la tolérance aux stress environnementaux, la résistance aux maladies, et l’augmentation de la productivité d’une manière générale. C’est l’aspect « recherche fondamentale » de la discipline. Mais comme leur nom l’indique, les sélectionneurs pratiquent surtout, au sein de tout un tas d’espèces cultivées, la sélection variétale. C’est ici l’aspect « de terrain », qui revient, sur la base des critères évoqués, à sélectionner les plantes ayant des caractéristiques recherchées pour éventuellement les faire se croiser entre elles et obtenir une plante encore mieux ! Le sélectionneur est donc, en quelque sorte, une espèce d’agent matrimonial pour plantes exigeantes (oui, c’est un parallèle facile et rigolo avec des sites de rencontre comme Attractive World, pour « célibataires exigeants », lol).

Il est cependant nécessaire de reconsidérer, du moins partiellement, l’image d’Épinal du sélectionneur dans son champ, casquette vissée sur le crâne, bottes en caoutchouc aux pieds et carnet de notes à la main. Car oui, mesdames et messieurs, la sélection se dote de nouveaux outils, aborde le virage de l’information à haut débit, et il devient de plus en plus fréquent de sélectionner la plante sur des résultats massifs de phénotypage, génotypage, voire séquençage, nécessitant d’importants traitements informatiques et statistiques. C’est ce que nous avons pu observer lors de visites, à la fois chez les grands semenciers et les labos publics. Et c’est ce dont à quoi nous sommes en train d’être formés, au travers des modules de génomique appliquée, ressources génétiques et gestion de la diversité, méthodes de sélection et création variétale, gestion des stress abiotiques et biotiques, statistiques et modélisation. Un joli set d’outils (dont beaucoup de R) qui, je l’espère, nous permettra de nous débrouiller dans tout contexte de sélection !

Concernant les débouchés, le double aspect fondamental/terrain mène à des postes aussi bien chez des instituts de recherche en France ou à l’international, que chez des semenciers allant de la petite coopérative à la grande multinationale. Le truc chouette, c’est qu’au delà des salaires moyens à l’embauche, qui sont parmi les plus élevés à la sortie des écoles d’agro, le marché est actuellement demandeur en sélectionneur. Pour illustrer ce propos, nous avons reçu cette année dans notre formation près de 40 offres de stage de fin d’études, pour 12 étudiants seulement…

…ce qui me permet de transitionner très habilement vers l’épineuse question du sujet de stage de fin d’études ! Enfin, pas si épineuse que ça dans la mesure où j’ai été reçu à l’entretien d’une équipe de recherche sympa, sur une problématique sympa, et dans un endroit sympa. En quelques mots : mise en place d’un test sur bananier pour sélection sur résistance à la cercosporiose noire, CIRAD Guadeloupe. La station expérimentale est basée sur les hauteurs de Capesterre-Belle-Eau (ici l’article Wikipedia, là une vue satellite GéoPortail), et a l’air d’autant plus chouette qu’on peut en trouver des photos et des récits au quotidien sur le blog d’une élève-ingé de l’ENSAIA, passée par là-bas en 2007 pour travailler sur la qualité et la durée de vie du fruit en liaison avec cette même maladie. Wait and see, donc.

Pour revenir brièvement sur la vie montpellieraine avant de conclure, on a en fait pas mal de boulot (surtout dans les modules de génétique quantitative, notez bien ça futurs copains APIMET), ce qui ne rend pas forcément évident le fait de caser les sorties dans l’emploi du temps. Heureusement, l’ambiance de la promo sous la pression est plutôt bien tamponnée, et la toute récente campagne pour l’élection de l’équipe du Cercle (l’équivalent du BDE) est venue détendre tout le monde. Petit point sur cette campagne, qui se déroule d’une façon rigolote : les différentes listes se présentent de façon anonyme, aphone et masquée, sous un nom amusant (cette année: les Guyguydanceurs, les Guymmortels, les Nimport’Guys, les Guylis Guylis, les Power Guyseurs), et organisent des évènements pendant toute une semaine au sein de la résidence afin de prouver leurs détermination et motivation. Le meilleur étant bien évidemment la livraison de petit déjeuners à domicile :) Voila! Sinon à part ça, on s’est amusés à se faire des hoodies de promo, et puis c’est à peu près tout. Mais bon, on fait de la génétique et on le fait bien. Que demande le peuple ?

Dernière semaine avant les vacances de Noël, donc, avec un module à priori tranquille de législation en industrie semencière. J’ai hâte de rentrer pour revoir la famille et mon païs, bien manger, distribuer mes cadeaux, en recevoir aussi, revoir les amis et aller skier. Et vous, vous avez quoi de prévu ? :)

Je vous laisse, je file voir le Hobbit dans une salle obscure ;)

Baïetas !

« TD de génétique quantitative sous R par visioconférence avec J.-L. Jannink, USA »

« 23h, hôtel les Balladins Clermont-Ferrand, cours du soir de génét' »

« Les Guymmortels »

« Les Power Guyseurs »

« Les p’tit déjs! »

« Soirée crèpes de l’option agroalim »

« TD ModelMaker »

« Un maïs OGM rigolo »

Summer !

Hi !

Bon sang, J-1 avant la rentrée… Argh ! Ne pas y penser, et se replonger dans les souvenirs de l’été !

Tout d’abord, le stage en industrie agroalimentaire. Le mien s’est déroulé à la Société Industrielle de Confiserie, à Contes. Une thématique intéressante axée sur du HACCP et ISO 22000 (même si c’est un maximum de paperasse), des produits familiers de type pastilles cachou et petits bonbons aux fruits, de belles rencontres, et des déplacements en vélo bien pratiques. Oui, j’habite sur la rive opposée à l’usine, et oui, les stages à domicile ont du bon. Ce furent donc 7 semaines dans les fiches techniques des arômes, acides, poudres et autres extraits de plantes, entrecoupées de passages à harceler de questions Marion, ma supérieure hiérarchique responsable de production, ainsi que Micheline, secrétaire-toute-puissante, afin de récupérer dans la sacro-sainte armoire magique chemises, stylos, et autres petit matériel de papeterie. Bref. Mieux qu’un long discours, voici quelques photos. J’ai aussi des vidéos, mais je ne me suis pas encore collé au montage, et de toutes façons il me faudrait l’aval des gérants pour une éventuelle mise en ligne… Juste au cas où: si ce que vous voyez vous met l’eau à la bouche, les commandes par internet sont possibles à l’adresse http://www.nicebonbon.com

« Sucettes expérimentales »

« Fin de production: mise en sacs pour stockage »

« Dans la turbine pour se faire faire briller! »

« Dans d’autres turbines, en train de se faire faire briller! »

« Mon bureau. Mon présssssieux ! »

Ensuite, deux semaines de vacances à proprement parler entre plage, campagne, montagne et forêt tropicale (wait, what ?), tout autour des Alpes-Maritimes.

« DJ Hype & MC Daddy Earl, aux Plages Electroniques, à Cannes.
Ca a envoyé du lourd, mais ambiance bordélique et pogos pas fraternels. »

« Mika, en pleine forêt tropicale du Parc Phoenix, Nice »

« Le groupe corse Manat, aux Rencontres chorales de l’olivier, Coaraze »

« En route pour la Baisse des cinq lacs, dans le Mercantour »

« Maquis, Berre-les-Alpes, Mont Macaron, col de Chateauneuf et Méditerrannée, vus du col Saint Roch »

« Poulpix le poulpe, une chouette prise au harpon qui finira dans les casseroles de mamie »

Et pour finir, un micro road-trip vers Clermont en compagnie du paternel, en passant par le salon Tech & Bio, à Valence, ainsi que le GAEC de la Chèvre Blanche, en Ardèche. Heureusement que la seconde étape relevait le niveau de la première, qui nous a franchement déçu en matière de plantes à parfum aromatiques et médicinales, un thème annoncé dans le programme quelque peu… absent du salon.

« En revanche, pas mal de matériel adapté aux méthodes alternatives. Ici, le quad de Mad Max. »

« Pain de campagne, tome en salade et crème de marrons, le tout d’Ardèche.
Pas bon pour la glycémie, ni pour le cholestérol. »

Voila pour une brève rétrospective de cet été. Juste une chose avant de finir: au travers de mes précédents articles, je suis vraiment ravi que vous ayez su apprécier – à juste titre – la valeur agricole et humaine du GAEC de la Chèvre Blanche. Mais bon sang, ce blog est si populaire que les pauvres croulent désormais sous les demandes de stage ! Alors, je peux comprendre que Nath et Franck soient extraordinaires, mais je suis sûr que vous pouvez trouver des maître de stage aussi chouettes pour votre stage en exploitation. Voila, c’est dit !

Sinon, je compte reprendre le rythme de croisière d’un article posté par semaine. Ca devrait le faire, vu que y’aura pas mal de choses à raconter, et en particulier concernant la mobilité à l’international.

Voila, ce sera tout pour cette fois ! Prenez soin de vous, bonne rentrée à tous, et bon début d’année scolaire/universitaire !

Raid Chèvre Blanche

  • A propos…

    Jérémy Lavarenne
    Jeune ingénieur agronome des écoles VetAgro Sup Clermont et Montpellier SupAgro, et étudiant diplômé en biologie végétale de l'Université Nice Sophia Antipolis, je suis à mes heures perdues un internaute averti, ainsi qu'un biologeek définitivement atteint.
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